Mauricio

Le 14 avril 2024
FR
Je vais te raconter trois rencontres chronologiquement.
En été 2011 probablement, je racontais mes péripéties de gymnastique à Nella, quand soudainement, et advenue, une personne à côté de nous, nommée Lauriane. Elle a commencé à rire très fort quand j’ai cité le fait que je m’étais détruit les couilles à un exercice de barres parallèles. A noter que j’ai jamais vu Lauriane avant ce moment-là et que je ne lui avais jamais parlé. Donc vraiment, se foutre de la gueule d’un inconnu parce qu’il s’est défoncé les couilles aux barres parallèles, moi je trouve ça cocasse, ça m’a marqué et on est resté potes pendant très longtemps après. Et effectivement, baser une amitié sur ça c’est quand même cocasse.
En 2013 je crois, j’ai eu un passif avec un gars nommé Quentin que j’ai rencontré sur Skype en jouant à des jeux vidéo avec Léon. Quentin est un homme que j’ai férocement détesté pendant plusieurs mois parce qu’il me détruisait mes maisons sur Minecraft et ça c’était vraiment hors de question et moralement répréhensible. J’étais pas content, donc j’ai eu une haine passionnée envers Quentin pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où je l’ai rencontré chez Léon. Personne ne m’avait prévenu qu’il allait être là car Léon savait que je ne voudrais pas venir. Et donc, quand j’ai vu Quentin pour la première fois et que j’ai reconnu sa voix, j’ai immédiatement quitté le domicile. Puis, après avoir bien réfléchi, je suis retourné au domicile et j’ai bien fait parce que c’est ce jour-là où j’ai compris que Quentin était parfois marrant et on a gardé contact jusqu’à aujourd'hui. Donc ça s’est bien passé, mais il a eu de la chance, un autre jour, j’aurai défoncé Quentin.
Troisième rencontre, qui nécessite un peu plus de contexte et c’est celle avec Marcia. Je l’ai rencontré en début d'hiver 2019 lors d’un groupe pour un projet de recherche d’un de mes cours que j’avais en psychologie à l’université de Lausanne. Et pour ce groupe, les chargés de recherches nous avaient demandé de discuter un peu de nos vies, de nos expériences de comment on vivait et qu’est-ce qui avait marqué nos vies dans les dernières années. Personne n'osait vraiment parler parce que forcément tu prends une dizaine de personnes qui sont en psycho, il y a personne qui ose parler en public dans ces auditoires, donc c’est ce qui s’est passé, personne ne parlait. Mais vu que je suis un grand malin et que j’adore parler en public, je me suis dis que j’allais commencer à faire des blagues et faire le malin. Jusqu’au moment où, la chargée de recherches m’a demandé d’élaborer sur mes expériences avec la dépression. Mes expériences avec la dépression ont commencé relativement tôt, tout recule pris et ont continué jusqu’à aujourd'hui mais ça va mieux. Mais en 2019, ça allait vraiment pas bien du tout. Du coup à ce moment-là, en automne 2019, j'étais encore assez frais dans l’histoire de “hihi dépression pas bien” du coup j’ai pu bien élaborer sur le fait que j’avais commencé à être traité au début de cette même année. J’ai commencé la médication, ça marchait bien, je me sentais mieux et j’étais assez content et assez fière de moi d’avoir pu remonter un peu la pente. Donc ça c’est ce que j’ai dit devant un petit panel de 10 personnes. Marcia est la seule personne dans ce foutu panel à s’être foutu de moi parce qu’elle trouvait ça super drôle que je sois aussi optimiste parce que ses expériences à elle lui avaient prouvé le contraire. Et du coup ça a commencé sur le fait que Marcia et moi on ne s’était jamais parlé avant mais on a commencé à se parler parce que je pensais aller mieux et que Marcia s'est foutu de ma gueule en disant “tu verras ça va devenir pire”. Donc pareil, on peut prendre ça comme un immense manque de respect et ce qui est un peu le cas. Par chance moi je l’ai bien pris et du coup je me suis foutu de sa gueule en disant que c'était peut-être une victime et que c'était peut-être pas la faute de la dépression pour une fois. Elle a trouvé ça drôle et on a continué de se vanner les deux alors qu’il y a avait 8 autres personnes autour de nous qui ne comprenait pas ce qu'il se passait et qui ne savaient pas si elles pouvaient rire ou pas. Et à partir de là on est devenu potes et on est devenu très proches très vite. On s’est rapproché encore plus pendant le covid parce qu' on a avait que ça a foutre pendant le covid, qui faisait autre chose ? et c’était bien de pouvoir parler de dépression avec quelqu’un d’autre qui était passablement dépressif aussi pendant une période où tout le monde était devenu passablement dépressif en étant enfermé chez soi pendant plusieurs mois d'affilée.
EN
I'm going to tell you about three encounters in chronological order.
In the summer of 2011, I was telling Nella about my gymnastics adventures when suddenly, someone named Lauriane appeared next to us. She started laughing really hard when I mentioned that I had destroyed my balls during a parallel bar exercise. It's worth noting that I had never seen Lauriane before that moment and had never spoken to her. So really, making fun of a stranger because he smashed his balls on the parallel bars, I find that funny, it made an impression on me and we remained friends for a very long time after that. And indeed, basing a friendship on that is still funny.
In 2013, I think, I had a falling out with a guy named Quentin whom I met on Skype while playing video games with Leon. Quentin is a man I hated fiercely for several months because he destroyed my houses on Minecraft, which was completely unacceptable and morally reprehensible. I was not happy, so I harbored a passionate hatred for Quentin for several months, until I met him at Léon's house. No one had warned me that he would be there because Léon knew I wouldn't want to come. So when I saw Quentin for the first time and recognized his voice, I immediately left the house. Then, after thinking it over, I went back to the house, and I'm glad I did, because that was the day I realized that Quentin could be funny sometimes, and we've stayed in touch ever since. So it turned out okay, but he was lucky, another day, I would have beaten Quentin up.
The third encounter, which requires a little more context, is with Marcia. I met her in early winter 2019 during a group project for one of my psychology classes at the University of Lausanne. For this group, the research assistants asked us to talk a little about our lives, our experiences of how we lived, and what had marked our lives in recent years. No one really dared to speak because, inevitably, when you take a dozen people studying psychology, no one dares to speak in public in these lecture halls, so that's what happened: no one spoke. But since I'm a smart comic and I love public speaking, I decided I was going to start making jokes. Until the moment when the researcher asked me to elaborate on my experiences with depression. My experiences with depression began relatively early, looking back, and have continued to this day, but things are better now. But in 2019, things were really not going well at all. So at that time, in the fall of 2019, I was still fairly new to the whole “hihi depression not good” thing, so I was able to elaborate on the fact that I had started treatment at the beginning of that same year. I started medication, it was working well, I was feeling better, and I was pretty happy and proud of myself for having managed to get back on track a little. So that's what I said in front of a small panel of 10 people. Marcia was the only person on that damn panel who made fun of me because she thought it was hilarious that I was so optimistic, since her own experiences had proven the opposite to her. And so it started with the fact that Marcia and I had never spoken before, but we started talking because I thought I was getting better and Marcia made fun of me by saying, “You'll see, it's going to get worse.” So again, you could take that as a huge lack of respect, which is kind of the case. Luckily, I took it well and ended up making fun of her, saying that maybe she was a victim and that maybe for once it wasn't depression's fault. She thought it was funny, and we continued to tease each other while there were eight other people around us who didn't understand what was going on and didn't know whether to laugh or not. From then on, we became friends and grew very close very quickly. We got even closer during COVID because we had nothing else to do during COVID. Who was doing anything else? And it was nice to be able to talk about depression with someone else who was also pretty depressed during a time when everyone had become pretty depressed from being stuck at home for several months in a row.


